Les livres qui préfèrent le risque au ronron.

Des récits, des projets visuels et objets narratifs non identifiés. Avec un goût certain pour les mondes qui dérapent...
Première victime : Sayonara Suckers, un roman d’anticipation satirique, drôle, noir et furieusement contemporain.



SAYONARA SUCKERS

Le futur était une mauvaise idée

FANTE'S
LOS ANGELES

LE DERNIER DAN FANTE



SAYONARA SUCKERS

LE FUTUR ÉTAIT UNE MAUVAISE IDÉE


Une comédie noire où tout le monde est convaincu d’avoir raison.
Où le timing est catastrophique, et où le futur n’en fait qu’à sa tête.


Max, Daniel et Karl ne sont ni des héros, ni des génies (loin de là).Mais ils ont un avantage considérable : le placard à balais de Max, autrement dit, un moyen de voyager dans le temps.Leur idée est simple : remonter à la source et neutraliser, lorsqu’ils sont encore enfants, ceux qui façonneront le monde à venir, les gourous de la tech et marchands de dépendance. De mission en mission, entre improvisations et visions délirantes d’un monde “corrigé”, leur croisade vire peu à peu à la fable noire.Sayonara Suckers est un roman satirique, drôle, rageur et mélancolique sur notre époque, son obsession technologique, sa brutalité molle et la tentation très humaine de vouloir refaire l’Histoire à sa manière.



EN SAVOIR PLUS

C'est à partir de là que ça a dérapé.

« Tu penses vraiment que c’est une bonne idée ? »« Non », dit Max.
« Mais je pense aussi que c’est la seule qu’on ait. »
Karl le fixa un instant, puis hocha lentement la tête.« C’est rassurant », dit-il.
« Le seul plan qu'on a… c'est un mauvais plan. »
« Exactement. »« Parfait. »


À PROPOS DE L'AUTEUR

Rem Sora vient des arts visuels, de l’écriture et du cinéma.
Il développe des récits à la croisée de la satire et de la fiction visuelle, où tension
et absurdité cohabitent.
Avec Sayonara Suckers, il passe au roman en suivant trois hommes convaincus que le futur a déjà été détourné et qu’il faut intervenir avant qu’il n’advienne.Le livre mêle humour noir et instabilité narrative, dans un univers où les mauvaises idées
deviennent rapidement les seules possibles.
Sayonara Suckers est son premier roman.


FANTE'S LOS ANGELES

Fante’s Los Angeles est un projet de livre au long cours, mêlant photographie, textes inédits, fragments littéraires et hommages autour de l’héritage de Dan Fante.Le projet explore Los Angeles non pas comme une carte postale, mais comme un territoire hanté, brûlé par le soleil, fait de ruelles, de motels, de bars, de fantômes et de phrases restées en suspens.
Le livre est actuellement en cours de développement.
Avec des textes hommage inédits de : Ayrin Fante, Giovanni Fante, Michael Connelly, Mark Safranko, Tony O’Neill, Jerry Stahl, Ben Myers, Douglas Mallon, Kevin Ring, Amy Baker, Eric Vieljeux, Olivier Martinelli…



Bientôt disponible via une campagne Kickstarter (édition en anglais).
Pour suivre l'avancement du projet

MONO

PETIT, MIMI, MAIS ÉNERVÉ

MONO

Bientôt...


LES CARNETS DE MAX


#001

On ne sauve pas le monde avec des batteries, bro.


#002

Il y a des signes. Toujours les mêmes.


#003

Le génie qui a tout foutu en l'air - avec élégance


#004

L'homme qui a transformé votre cerveau en produit



On ne sauve pas le monde avec des batteries, bro

— Le Journal de Max


Je vais faire simple.
C’est probablement pas une super idée.
Pas la pire que j’ai eue, en tous les cas, Daniel garde encore des séquelles de la piscine de East Lansing…Mais bon.À un moment, tu regardes autour de toi. Pas en mode philosophe. Pas en mode “le monde est complexe”. Non.Juste… tu regardes. Et tu vois quoi ?Des nuques.Partout, des nuques.
Des gens penchés sur des rectangles lumineux.
Ils mangent avec. Ils marchent avec. Ils vivent avec.
Ils ne regardent plus rien. Ni plus personne.
Et là, la question arrive. Logique. Basique.Qui a fait ça ?Pas “pourquoi ?”, hein. Pas “dans quel contexte socio-économique?"
Non.
Qui. A. Fait. Ça. ?
Parce qu’à un moment, quelque part, il y a un type qui a eu une idée de génie.
Un truc qui devait “connecter les gens”. Faciliter la vie, créer du lien.
Ce genre de connerie auxquelles on a tous cru.
Résultat : dépendance mondiale déguisée en progrès.Super.Et, le 6 février 2018, un type envoie une bagnole dans l’espace !
(Falcon Heavy first launch 2018)



Une Tesla. Rouge.
Avec un mannequin dedans. Rien que ça.
Pour rien. Pour la photo.
J’ai regardé cette image.
Pas longtemps. Ça m’a gonflé.
Elle est belle, ok.
Mais elle résume tout.
Un mec tellement riche que plus personne ne lui dit non.
Un matin, il se réveille et décide d’envoyer une caisse tourner autour du soleil.
Parce qu’il peut.
Parce que personne n’est là pour lui dire : “stop, tu débloques connard”.
Et là, j’ai pensé aux gamins.
Rien de glauque (je suis athée).
Je parle du moment avant.
Avant que ça dérape.
Avant que le môme décide qu’il est au-dessus de tout.
Avant que le fric et le pouvoir lui fabriquent un cerveau hors-sol.
L’idée est venue comme ça. Pas d’un seul coup, mais par accumulation.La voiture dans l’espace.
Les zombies aux smartphones.
Les ingénieurs qui interdisent ces trucs à leurs propres gosses.
Les types en jet privé qui parlent climat.
Le progrès qui ressemble de plus en plus à une blague.
À un moment, Daniel m’a regardé et il a dit :“Tu penses à un truc illégal, toi. Tu marmonnes dans ton coin.”J’ai dit :“Ouais.”Il a réfléchi. Deux secondes.
Puis rien.
J’ai pas insisté.
Mais la question, elle est là."Est-ce que kidnapper un gamin de huit ans, c’est une bonne idée ?"Non. Bien sûr que non. Je suis pas fou.C'est Illégal. Moralement discutable et logistiquement compliqué.Parce que par exemple :
- Un coffre de Chrysler LeBaron, c’est pas très grand.
- Un gosse qui hurle à 3h du matin, ça porte loin…
Tout ça, je le sais.Mais je sais aussi autre chose.Personne ne change rien en restant assis.
Personne n’a jamais écrit l’histoire en disant “on verra plus tard”.
Daniel n’est pas d’accord. Daniel il est jamais d’accord de toute façon et c’est pour ça que c’est mon pote.Mais bref. On a quoi, du coup ?- Un placard à balais, mon pote.
- Un Motorola à clapet.
- Et une liste de noms.
Le reste… c’est juste de la logistique. Non ?

Lis Sayonara Suckers
(avant que quelqu'un ne décide pour toi)



Est-ce que kidnapper un gamin de 8 ans est une idée discutable ?

— Le Journal de Max


On croit toujours que ça commence avec un génie.Un petit prodige.
Un futur Steve. Un futur Mark.
Quelqu’un qui “va changer le monde”.
C’est faux.Ça commence bien avant.Ça commence dans une cour d’école.Un gosse qui ne joue pas avec les autres.
Un autre qui regarde tout. Qui comprend trop vite.
Un troisième qui teste. Les limites. Les autres.
Personne ne s’inquiète.On dit qu’il "pense différement”.
On dit qu’il est “en avance”.
Non.Il est en trajectoire.Le problème, ce n’est pas l’intelligence.
Le problème, c’est ce qu’on en fait.
Et surtout : ce qu’on laisse faire.On applaudit les résultats.
On oublie le reste.
Le mépris.
Le besoin de contrôle.
Le plaisir discret de manipuler.
Ça ne disparaît pas.Ça grandit.Un jour, ça devient une entreprise.
Un réseau. Un système.
Un truc tellement énorme
qu’on ne peut plus l’arrêter.
Alors on écrit des livres.
On fait des films.
On dit “on aurait dû savoir”.
Moi, j'ai préféré agir avant.

Lis Sayonara Suckers
(avant que quelqu'un ne décide pour toi)



Tout gâcher (mais avec élégance)

— Le Journal de Max


Je vais être super honnête avec vous. Pas de bullshit, comme dirait Chat...Steve, je l'aimais bien.C'est le problème avec les génies. Ils sont sympathiques. Au premier abord.
Charismatiques.
Ils portent des cols roulés noirs et parlent de changer le monde avec des yeux d'évangéliste convaincu. Alors nous on a des étoiles plein les yeux, mais pendant ce temps, dans votre dos, ils fabriquent quelque chose qui va coloniser vos cerveaux, vos nuits, vos repas en famille et vos dernières conversations dignes de ce nom.
L'iPhone. 2007.Steve monte sur une scène et annonce qu'il tient dans sa main un téléphone.
Un iPod et un appareil pour aller sur Internet.
La salle applaudit comme si Jésus venait de ressusciter en mocassins. À ce moment-là, personne ne se dit : attendez, là on est peut-être en train d'assister à quelque chose d'irréversible.
C'était pas un téléphone qu'il tenait dans sa main. Petit malin.
C'était une laisse.
Une jolie laisse, avec un bel écran rétroéclairé, des coins arrondis et une interface tellement intuitive que même ta grand-mère va finir par se perdre dedans à 2h du matin, pour regarder des vidéos de chats.
Ce que Jab a inventé, c'est pas un outil. C'est une extension du système nerveux qu'on peut éteindre.
Mais qu'on n'éteint jamais.
Ce que Jab a fabriqué, c'est la dépendance avec une garantie deux ans et un programme de fidélité.
Et le pire ? C'est qu'il le savait.
Les gens de sa propre équipe l'ont dit : ils ne laissaient pas leurs enfants utiliser ces appareils.
On a eu une conversation, Steve et moi, dans un hangar du Michigan, vers 1985.
Il était calme. Trop calme. Déjà ce regard qui ne cille pas. Déjà cette façon de répondre à côté, comme si votre question était trop petite pour lui.
Il m'a proposé une pomme.
J'aurais dû m'en douter.
Je suis sorti. J'ai refermé la porte du hangar derrière moi.
Il n'a même pas pleuré.

Lis Sayonara Suckers
(avant qu'on te dises quoi lire)


Tout gâcher (mais avec élégance)

— Le Journal de Max


Il y a une chose que j'admire chez Mark Suckerbeurk.
Si, si.
Sa cohérence.
Depuis le premier jour, il a fait exactement ce qu'il avait dit qu'il allait faire.
Le problème, c'est qu'il ne l'avait pas dit à voix haute.
Petit malin.
Sean Parker, l'un des premiers investisseurs de son entreprise, a fini par le formuler clairement lors d'une conférence en 2017. Il a expliqué que l'objectif dès le départ était de trouver comment "consommer le maximum de votre temps et de votre attention consciente".
Ils savaient qu'ils construisaient quelque chose d'addictif.
Ils l'ont fait quand même.
Et il a conclu avec cette phrase qui mérite d'être gravée quelque part :
"Dieu seul sait ce que ça fait au cerveau de nos enfants."
Voilà. Ils ne savaient pas. Ils s'en foutaient. Et maintenant c'est le problème de tout le monde sauf le leur.Ce que Suckerbeurk a construit, c'est une machine à validation sociale qui tourne 24h/24 en pompant de la dopamine à intervalles irréguliers, exactement comme une machine à sous.
Le like c'est pas un bouton, hein. C'est un levier de casino.
Et nous, on a mis notre cerveau dedans librement, volontairement, et avec enthousiasme en plus ! En croyant naïvement qu'on était en contact avec nos amis.
Tu ajoutes à ça la surveillance de masse (à des fins commerciales), la revente de nos données à des gens qu'on n'a jamais rencontrés, Cambridge Analytica, les élections trafiquées à coups d'algorithmes, la désinformation industrialisée, et cerise sur le cake : Instagram, racheté en 2012 pour finir le travail sur les adolescents.Alors quand on a récupéré le petit Mark au fond de son bac à sable à White Plains, on était content. Il faisait moins le malin. Yeux vides. Larmes de crocodiles.Daniel m'a dit : "T'es sûr que c'est lui le problème ? C'est pas juste un gamin normal ?"
Je lui ai répondu en serrant les poings : "Exactement. C'est ça le problème."
Puis j'ai redémarré la LeBaron.

Lis Sayonara Suckers
(avant qu'on te dises quoi lire)


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À PROPOS


Hello Bandits est né d’un constat simple.
Il existe des histoires, des projets et des objets éditoriaux qui ne trouvent pas leur place.
Pas parce qu’ils sont mauvais, mais parce qu’ils ne rentrent pas dans les cases.
Parce qu’ils sont trop hybrides, trop libres, trop difficiles à classer.
Ou simplement parce qu’ils n’arrivent pas par les bonnes portes.
Hello Bandits n’a pas été créé pour publier beaucoup (même si on aimerait bien).
Le problème, c’est que nous sommes réalistes.
Nous ne sommes donc pas contraints de suivre un rythme, un calendrier ou de répondre à une logique de catalogue. Ce qui nous va très bien. Pour l’instant.L’idée est ailleurs.Créer un espace pour développer et publier des projets singuliers, des livres, des objets narratifs qui existent pour de bonnes raisons, même si elles ne sont pas toujours évidentes.Des projets qui prennent leur temps, parce que créer n’est pas compatible avec l’immédiateté.Ils peuvent parfois être imparfaits, mais ils sont assumés parce qu’ils préfèrent exister tels quels plutôt que d’être lissés jusqu’à disparaître.Hello Bandits est une structure indépendante, légère, volontairement limitée.
Ce n’est pas une machine à produire, mais plutôt un point de passage.
Un endroit où certains projets peuvent voir le jour sans avoir besoin de devenir autre chose que ce qu’ils sont.Aujourd’hui, Hello Bandits commence avec Sayonara Suckers.D’autres suivront. Ou pas.On verra bien.